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BLOCKCHAIN : cette technologie qui pourrait bien transformer l’écosystème de toutes nos transactions

Blockchain-FR

Traduction littérale de l’anglais « chaine de blocs », la Blockchain est la technologie qui monte depuis plusieurs mois et dont on dit qu’elle pourrait être aussi révolutionnaire qu’internet si bien qu’elle suscite aujourd’hui de vifs débats dans les milieux de la finance et des FinTech. Qu’est-ce que c’est exactement ? Quelles sont ces applications possibles et est-ce vraiment la technologie salvatrice et infaillible que l’économie mondiale attend ?

Qu’est-ce que la Blockchain ?

La Blockchain ou Chaine de blocs, technologie conceptuelle pour certains et déjà bien concrète pour d’autres, est considérée comme une innovation au moins aussi disruptive que la création du protocole internet.

C’est une technologie – à l’origine du bitcoin qui n’en est qu’une application parmi tant d’autres – qui permet de stocker les informations d’une transaction sur un registre décentralisé  – une base de données en ligne appellée blockchain sans la majuscule – et supposément infalsifiable car basé sur des signatures cryptographiques, à l’aide d’une suite de blocs d’informations échangés entre les serveurs des utilisateurs. Chaque nouveau bloc d’informations devant être validé par plusieurs utilisateurs pour que la mise à jour de la blockchain puisse avoir lieu.

Qui l’a inventée et quand ?

La technologie de la Blockchain a vu le jour dans un contexte de crise financière et de crise de confiance dans les institutions financières, les Etats et les monnaies. C’est dans cette configuration que l’idée de la création d’une monnaie numérique prend forme.

En 2009 un développeur ou groupe de développeurs utilisant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto créé ainsi la première monnaie numérique ou crypto-monnaie pair à pair (c’est-à-dire d’ordinateur à ordinateur): le bitcoin. L’appellation bitcoin désigne deux choses à la fois : d’abord un système de paiement à travers le réseau internet et ensuite l’unité de compte utilisée sur ce même système.

Si on considère le système de paiement, son principe de fonctionnement est d’enregistrer et de tenir à jour, à la manière d’une comptabilité, l’historique de vie de chacune des unités de compte « bitcoins » ayant participé à une transaction, sur un registre public et maintenu par chaque utilisateur du service et du fait de la traçabilité de chaque bitcoin, supposément infalsifiable.

Cette technologie ayant vocation à créer un « registre des transactions » formé d’une suite de blocs de ces transactions ou « chaine de transactions » s’est ainsi appelée « Blockchain ».

Quelles applications concrètes cette nouvelle technologie peut-elle avoir tant pour les consommateurs que les entreprises ?

C’est la question à laquelle le « Consensus 2016 » – 2ème sommet annuel sur la technologie de la blockchain – qui a eu lieu à New York du 2 au 4 mai 2016 a tenté de répondre avec le concours de professionnels de startups leaders de l’industrie, sociétés d’investissement, institutions de services financiers, et groupes universitaires et politiques.

Cette technologie permet à la fois d’enregistrer, de stocker et de transmettre des informations à l’aide de crypto-signatures. Elle fonctionne sans infrastructure centrale de contrôle puisque le rôle de garantie et de vérification est assuré par la mise en comparaison des informations reçues et émises par les différents nœuds du réseau.

La Blockchain pourrait ainsi avoir un impact non négligeable sur tous les secteurs d’activité qui fonctionnent aujourd’hui avec des intermédiaires : ces fameux « tiers de confiance » (escrow en anglais – avouons que le jeu de mot est intéressant) dont l’existence serait purement et simplement remise en cause, au profit du consommateur qui aurait, dès lors, accès à des transactions à un coût inférieur puisque dépourvues de la commission de l’intermédiaire.

La technologie de la Blockchain pourrait ainsi devenir le système informatique de référence (et peut-être le seul nécessaire) pour garantir une nouvelle économie basée sur la transparence (une trace de chaque transaction est enregistrée), la sécurité (le système est réputé infalsifiable) et la responsabilité de chacun (de par le fait que le système repose sur la quantité de nœuds le constituant et non plus sur une infrastructure centralisée).

Au-delà de la traçabilité des crypto-monnaies telles le bitcoin, les applications de cette technologie sont vastes et peuvent d’ores-et-déjà concerner, tout du moins en théorie, des domaines aussi variés que :

– la certification de diplômes (éducation),

– l’authentification de contrats (droit),

– les transferts d’argent de personne à personne,

– la création d’actifs financiers tels que les actions et obligations (finance de marché), ou autres actifs incorporels tels que les titres fonciers ou les « miles » de fidélité pour les grands voyageurs,

– la compensation et le règlement instantanés des actifs financiers

– la gestion de l’identité à travers des profils qui remplaceront les noms d’utilisateurs et mots de passe,

– la redistribution instantanée des royalties aux artistes lors de l’écoute d’un de leurs titres,

 Si de nouvelles idées d’application de cette nouvelle technologie apparaissent tous les jours, seul le temps permettra de dire lesquelles sont légitimes.

Quelles sont les limites ou faiblesses de cette technologie ?

Il y a cependant des raisons de questionner la manière dont cette technologie peut être utilisée. Des recherches ont en effet récemment montré que les transactions bitcoin du dark market (300 à 500 000 dollars par jour) équivalaient approximativement au volume des transactions bitpay – plateforme de paiement bitcoin – (435 000 dollars par jour).

On entend généralement par dark market ou marché noir tout commerce de drogues, armes et autres activités illicites. Mais ces activités ne représenteraient en fait qu’une toute petite part du marché noir dans sa totalité. Ne pas déclarer ses employés, prendre des paiements en espèces et autres activités où la fiscalité est éludée, c’est là où se trouve la majeure partie du marché noir.

Si les crypto-monnaies échappent à toute régulation de par leur construction, elles n’en demeurent pas moins surveillées par les autorités monétaires qui cherchent à contrôler la légalité des biens et services achetés par leur intermédiaire et surveiller la conversion en devises légales pour détecter et éviter le blanchiment d’argent d’origine criminelle.

La Blockchain, opportunité ou menace pour le secteur bancaire ?

Tout dépend de quel point de vue on se positionne.

Renvoyant à la thématique de « désintermédiation », la Blockchain peut représenter une menace en ce qu’elle met directement en péril les activités de règlement-livraison jusqu’alors assurées par ces intermédiaires que sont les chambres de compensation.

Renvoyant par ailleurs aux notions de « traçabilité » et de « consensus distribué », la Blockchain permettrait, en rendant public l’historique des transactions interbancaires, de donner à tout un chacun accès aux niveaux d’exposition des banques, ce qui les contraindrait donc dorénavant à mieux s’autoréguler et reconsidérer à deux fois une décision de mise en œuvre d’une « stratégie » à effet de levier.

Cela signifie-t-il pour autant l’obsolescence programmée de ces intermédiaires de la transaction financière ?

Pas nécessairement, loin de là même. En effet un pool de grandes banques internationales, parmi lesquelles Goldman Sachs et JP Morgan, travaille aujourd’hui à se réapproprier la technologie Blockchain, avec l’idée de mettre en place des blockchains « privées », – nous parlons ici des bases de données organisées selon la technologie éponyme – qui auraient vocation à être fermées et l’accès au registre contrôlé par invitation avec un nombre d’acteurs limité. Remettant ce faisant en cause les principes moteurs de la Blockchain que sont l’ouverture et la transparence par « consensus distribué » ou partage du registre, les banques réaffirment bien leur volonté de demeurer les seules garantes du fonctionnement du système financier international.

Les banques peuvent-elles exploiter cette menace en opportunité ?

Elles le peuvent et elles vont le faire. Comprenons d’abord que la simple utilisation de la Blockchain dans son concept initial – c’est-à-dire celui où elle est publique et accessible par chacun et où le registre est partagé, transparent et maintenu par tous les participants – permettrait aux banques une économie de l’ordre de 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici 2022 grâce à la réduction des coûts. En tant que tel c’est déjà une opportunité inédite d’augmenter considérablement leur profitabilité.

Et alors que les FinTech  – ces startups exploitant l’innovation technologique dans le secteur de la banque, assurance et finance afin d’en transformer les usages – ont investi des niches sur lesquelles les banques traditionnelles n’ont pas su ou voulu se positionner jusqu’alors puisqu’elles auraient de fait contribué à la cannibalisation de leurs propres offres, les banques pourraient bien en définitive tenter de se les réapproprier après s’être réapproprié la technologie Blockchain.

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